En Thaïlande, le pape François se rend dans un temple bouddhiste

02 Décembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Le jeudi 21 novembre 2019, le pape François, lors de son voyage apostolique en Thaïlande, a salué le patriarche suprême bouddhiste au temple de Wat Ratchabophit Sathit Maha Simaram, à Bangkok. Quel regard un catholique peut-il porter sur le bouddhisme ? 

Lors de sa visite en Thaïlande, le pape François s’est adressé au chef du culte bouddhiste en ces termes : « C’est aux sources du bouddhisme que la majorité des Thaïlandais puise et imprègne sa manière de vénérer la vie et les ancêtres, de cultiver un style de vie sobre, basé sur la contemplation, le détachement, le travail dur et la discipline ; ce sont des caractéristiques qui nourrissent ce trait distinctif si particulier qu’est le vôtre : vous êtes considérés comme le peuple du sourire ». 

Résolument, le pape inscrit sa démarche dans le sillage de Nostra Aetate, le texte du concile Vatican II consacré aux relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes. Ce document déclare : « Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. » (n°2) 

L’emploi des termes “dévot” et “confiant” a de quoi surprendre à la lumière d’une connaissance même élémentaire du bouddhisme. La dévotion et la confiance s’adressent à un être personnel ; or il n’y a pas de divinité personnelle dans le bouddhisme. De plus, la libération parfaite dont il est question consiste à perdre sa propre personnalité, pour se laisser absorber par le “tout” ou plutôt par son contraire, le “rien”. Le Nirvana est une sorte de Néant mystique qui correspond à l’extinction du “moi”. 

Quelle étrange libération que l’absorption dans ce néant ! Quant à l’illumination, c’est la même réalité, conçue sous une autre forme. Enfin il est absurde de parler d’un secours venu d’en haut dans le bouddhisme. Il n’y a pas “d’en haut”, dans cette tradition qui ignore la grâce divine et le secours donné aux hommes pour être sauvés, à savoir la personne adorable de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

Comme l’explique fort bien Jacques Maritain, dans ses Eléments de philosophie, si le bouddhisme « déclare que l'existence de Dieu, comme celle d'un moi substantiel ou d'une âme immortelle, est inconnaissable (agnosticisme), la vraie tendance du bouddhisme consiste à nier l'existence de Dieu (athéisme) ». Ajoutons que dans la pratique, le bouddhisme vulgaire est devenu aujourd’hui une pure idolâtrie, et des plus grossières.