La Maternité de Marie et la Sainte Trinité

11 Octobre, 2019
Provenance: fsspx.news

Par sa Maternité Divine la Sainte Vierge Marie procure à la Sainte Trinité une gloire nouvelle et unique, ce qu’exprime Saint Cyrille d’Alexandrie par le titre :  « Marie, complément de la Sainte Trinité ».

Non pas qu’il manque quoi que ce soit à l’adorable Trinité. En lui-même Dieu possède une plénitude infinie, il est infiniment parfait et infiniment heureux.

Mais extrinsèquement – dans la gloire et l’amour qui viennent à la Sainte Trinité des créatures et dans son action sur elles, - Marie lui apporte un concours tout spécial, non pas comme cause principale, mais comme instrument.

Par la maternité divine de Marie, Dieu le Père acquiert sur le Fils, qui lui est égal dans sa nature et ses perfections, une autorité réelle sur son humanité sainte. De ce Fils incarné, il reçoit des marques de respect, de soumission et d’abandon, des hommages d’adoration et d’amour supérieurs à ceux qui lui sont offerts par toutes les créatures ensembles.

Il entend ce Fils proclamer : « Mon Père est plus grand que moi » (Jn 14, 28). Il le voit offrir le seul sacrifice digne de lui. « En entrant dans le monde il lui dit : Vous n’avez voulu ni sacrifices ni oblations, mais Vous m’avez façonné un corps ; les holocaustes pour le péché ne Vous ont pas été agréables. Alors j’ai di : Me voici … je viens, ô Dieu, pour faire Votre volonté » (He 10, 5-7). Il le sait sans cesse occupé à révéler son Père aux hommes, à le prier tous les jours : « Notre Père ; qui êtes aux cieux ».

De leur côté, les hommes comprennent mieux ce Père depuis que, par Marie, ils ont connu son Fils, et ils sentent comme d’instinct que ce Père céleste est vraiment leur Père en voyant près de lui leur Mère céleste.

La maternité divine de Marie donne au Fils une existence nouvelle, son existence temporelle. Grâce à cette maternité, le Fils peut rendre à son Père ces hommages de soumission et d’adoration, de reconnaissance et de réparation, que sa nature divine ne lui permettait pas d’offrir. Par rapport aux hommes, la maternité divine a fait du Fils le « Bienaimé de l’humanité » : vers le Fils surtout se dirigent nos pensées et nos affections ; pour le Fils la créature humaine vit, travaille, s’immole et meurt ; à la pensée de ce Fils crucifié les martyrs ont joyeusement donné leur vie ; vers le Fils dans l’Hostie se tournent les voeux ardents de milliers d’âmes de tous les âges et de toutes les conditions.

Enfin, grâce à la maternité divine de Marie, le Saint-Esprit, infécond quant aux processions divines, reçoit une fécondité à l’égard du Fils, à qui il contribue à donner un corps. Il fait de ce Fils le grand Adorateur du Père et le Bien-Aimé de l’humanité.  Par rapport aux hommes, l’Esprit-Saint exerce par Marie une fécondité analogue, engendrant avec elle, fortifiant et amenant à sa perfection la vie de Jésus dans les âmes.

Par sa nature, Marie est infiniment au-dessous de Dieu. Mais par sa maternité divine elle a été introduite, en un certain sens, dans la famille même de Dieu, et placée aux confins de l’adorable Trinité.