Cérémonies du Samedi Saint

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20 Avril, 2019
Eglise Saint-Joseph - Bruxelles
La mise au tombeau - Pietro Lorenzetti.

Dans les premiers siècles, les fidèles veillaient toute la nuit à l’église, en attendant le moment où le Christ triomphant de la mort s’échappa du sépulcre. Ils prenaient part en même temps, comme témoins, à l’administration solennelle du Baptême conféré aux catéchumènes ; fonction sublime dans laquelle se manifestait le passage de la mort spirituelle à la vie de la grâce.

Horaires des cérémonies

21h00  Veillée Pascale
            Bénédiction du Feu Nouveau
            
Cierge Pascal
            
Bénédiction de l’eau baptismale
            
Messe solennelle

Nota bene : Une indulgence plénière, aux conditions habituelles, est attachée au renouvellement des promesse du Baptême lors de la célébration de la Vigile pascale.


Eglise Saint-Joseph
Square Frère-Orban, 3 - 1040 Bruxelles
+32 (0)2 550 00 20

La descente du Christ aux Limbes.

Les cérémonies de la Vigile

L’administration du Baptême aux catéchumènes est le grand objet de cette vaste cérémonie; elle est le point central auquel tout aboutit. Les fidèles doivent donc l’avoir sans cesse présente à la pensée, s’ils veulent suivre avec intelligence et utilité ce drame aussi sacré qu’imposant. Il y a d’abord la bénédiction du feu nouveau et de l’encens ; vient ensuite l’inauguration du Cierge Pascal. Elle est suivie des lectures prophétiques, qui font corps avec ce qui précède et ce qui suit. Quand elles sont achevées, a lieu le départ pour le Baptistère, où se fait la bénédiction de l’eau. La matière du baptême étant préparée, les catéchumènes reçoivent le sacrement de la régénération. Aussitôt après, commence le divin Sacrifice en l’honneur de la Résurrection du Christ, et les néophytes y participent aux saints Mystères. Enfin, l’Office joyeux des Laudes vient promptement terminer la plus longue et la plus laborieuse fonction que l’Église latine ait à accomplir dans tout le cours de son Cycle liturgique.

Le Feu Nouveau

Le premier rite à accomplir est la bénédiction du feu nouveau, dont la lumière doit éclairer la fonction durant toute la nuit qui va suivre.

Le Christ a dit : « Je suis la Lumière du monde » ; la lumière matérielle est donc la figure du Fils de Dieu. La Pierre est aussi l’un des types sous lesquels le Sauveur du monde apparaît dans les Écritures. « Le Christ est la Pierre angulaire », nous disent d’un commun accord saint Pierre et saint Paul qui ne font que lui appliquer les paroles de la prophétie d’Isaïe. Mais en ce moment l’étincelle vive qui s’échappe de la pierre présente un symbole plus complet encore. C’est Jésus-Christ s’élançant hors du sépulcre taillé dans la roche, à travers la pierre qui en ferme l’entrée.

Il est donc juste que ce feu mystérieux, appelé à fournir la lumière au Cierge pascal, et plus tard à l’autel lui-même, reçoive une bénédiction particulière, et qu’il soit accueilli avec triomphe par le peuple chrétien. Dans l’église, toutes les lampes ont été éteintes ; autrefois même, les fidèles éteignaient le feu dans leurs maisons, avant de se rendre à l’église ; et il ne se rallumait dans toute la cité que par la communication de ce feu qui avait reçu la bénédiction, et qui était confié ensuite aux fidèles comme un gage de la divine Résurrection.

Outre le feu nouveau, la sainte Église bénit aussi de l’encens aujourd’hui. Cet encens représente les parfums que Madeleine et les autres saintes femmes ont préparés pour embaumer le corps du Rédempteur. Il est en cinq larmes ou grains.

Après les Oraisons, un Acolyte met dans l’encensoir quelques charbons du feu bénit. L’Évêque avant jeté de l’encens sur ces charbons, fait fumer l’encensoir sur le feu et sur l’encens mystérieux, après les avoir d’abord aspergés de l’eau sainte. Un autre Acolyte allume un cierge aux charbons du feu nouveau.

Le Cierge Pascal

La sainte Église a préparé, pour luire avec éclat durant la longue Veille qui déjà commence, un flambeau supérieur en poids et en grosseur à tous ceux que l’on allume dans les autres solennités. Ce flambeau est unique ; il a la forme d’une colonne ; et il est appelé à représenter le Christ. Avant qu’il ait été allumé, son type est dans la colonne de nuée qui couvrit le départ des Hébreux, au sortir de L’Égypte ; sous cette première forme, il figure le Christ dans le tombeau, inanimé, sans vie. Lorsqu’il aura reçu la flamme, nous verrons en lui la colonne de feu qui éclaire les pas du peuple saint ; et aussi la figure du Christ tout radieux des splendeurs de sa résurrection. La majesté de ce symbole est si grande, que la sainte Église emploie toutes les magnificences de son langage inspire, pour exciter à son endroit l’enthousiasme des fidèles.

Prenant successivement les cinq grains d’encens, le Célébrant les enfonce dans le Cierge, et les y dispose de manière à figurer une croix. Le nombre de ces grains d’encens ainsi insères dans la masse du Cierge, représente les cinq plaies du Christ sur la croix ; en même temps que leur emploi signifie celui des parfums que Madeleine et ses compagnes avaient préparés, pendant que le Christ reposait dans le tombeau. Jusqu’ici, le Cierge pascal est le symbole de l’Homme-Dieu que sa résurrection n’a pas encore glorifié.

Puis il allume le Cierge pascal. Cette action symbolique signifie l’instant de la résurrection du Christ, lorsque la vertu divine vint tout à coup ranimer son corps, en lui réunissant l’âme sainte que la mort en avait séparée. Désormais le flambeau sacré, image du Christ-Lumière, est inauguré ; et la sainte Église se réjouit dans la pensée de revoir bientôt son céleste Époux, triomphant de la mort.

L'entrée dans l'église

Le cortège sacré rentre dans l’église, précédée de la Croix, le Diacre porte le Cierge pascal, figure du Christ resuscité. Tous suivent, le clergé en tête portant dans la main un cierge éteint. Après avoir fait quelques pas, le Diacre s'arrête. Elevant le Cierge, il chante : "Lumen Christi - La lumière du Christ !" auquel tous répondent: "Deo gratias - Rendons grâces à Dieu !" Alors tous s'agenouillent dans une profonde adoration. S'avancant toujours plus vers le sanctuaire, le Diacre renouvelle cette cérémonie deux autre fois. A la première ostentation, le Célébrant allume son cierge au Cierge pascal, puis le reste du clergé, enfin les fidèles. 

Cette illumination rappelle que la connaissance de la résurrection du Sauveur ne s’est répandue que successivement, à commencer par les apôtres, jusqu’à ce qu’enfin elle ait éclairé tous les fidèles. Ce rite nous avertit aussi que notre vie surnaturelle est celle de Jésus-Christ lui même, communiquée à nos âmes : lumière pour nos intelligences et ardente charité pour nos volontés. C'est cette vie nouvelle de la grâce qui doit transformer nos âmes et consumer nos vies à l'imitation du Resuscité.

Cette première ostension de la lumière proclame la divinité du Père qui nous a été manifestée par Jésus-Christ. La seconde annonce la divinité du Fils, qui s’est montré lui-même aux hommes dans l’Incarnation, et leur a révélé son égalité de nature avec le Père. La troisième ostension proclame la divinité du Saint-Esprit qui nous a été révélée par Jésus-Christ, lorsqu’il a donne à ses Apôtres le précepte solennel que l’Église se dispose à accomplir en cette nuit même : « Enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » C’est donc par le Fils, qui est « la Lumière du monde ». que les hommes ont connu la glorieuse Trinité dont le Pontife va demander la confession aux catéchumènes, avant de les plonger dans la fontaine sacrée.

Le Chant de l' Exultet

L’annonce de la Pâque retentit au milieu des éloges que le Diacre prodigue à ce Cierge glorieux; et c’est en célébrant le divin flambeau dont celui-ci est l’emblème, qu’il remplit sa noble fonction de héraut de la Résurrection de l’Homme-Dieu. Vêtu de blanc, il fait éclater sa voix dans la bénédiction du Cierge, avec une liberté qui d’ordinaire n’est pas accordée au Diacre en présence du Prêtre. Les interprètes de la sainte Liturgie nous enseignent que le Diacre représente en ce moment Madeleine et les autres saintes femmes qui eurent l’honneur d’être initiées les premières par le Christ lui-même au mystère de sa résurrection, et furent chargées par Lui, malgré l’infériorité de leur sexe, d’annoncer aux Apôtres qu’il était sorti du tombeau, et qu’il les précéderait en Galilée.

Le Diacre ayant terminé cette prière, se dépouille de la dalmatique blanche, et après avoir revêtu la couleur violette, revient auprès du Célébrant. Alors commencent les lectures puisées dans les livres de l’Ancien Testament, et qui doivent occuper l’attention des fidèles durant une partie de cette nuit.

Les Lectures

Afin de tenir attentive toute l’assemblée, durant les heures nécessaires à l’accomplissement de tous les rites préparatoires au baptême qui étaient alors réalisés par les prêtres sur les catechumènes, on lisait du haut de l’ambon les passages des Écritures les plus analogues à cette solennelle circonstance. Cet ensemble de lectures complète le cours d’instruction dont nous avons suivi le développement, durant tout le Carême.

Les Leçons qui doivent être lues s’élèvaient jusqu’au nombre de douze; et dans l’Église de Rome, où on les lisait successivement en latin et en grec.

Aujourd'hui leur nombre a été reduit aà quatre. Afin de ranimer l’attention et de résumer la doctrine et les sentiments des Prophètes, une Oraison vient après chaque Leçon servir d’expression aux vœux de la sainte Église. De temps en temps, des Cantiques empruntés à l’Ancien Testament et amenés par les lectures elles-mêmes, réunissent toutes les voix sur le mode touchant et mélodieux des Traits.

La première lecture retrace le récit de la création, l’Esprit de Dieu porté sur les eaux, la lumière séparée des ténèbres, l’homme crée à l’image de Dieu. L’œuvre de Dieu avait été troublée et déformée par la malice de Satan. Le moment est venu où elle va revivre dans toute sa beauté. L’Esprit-Saint se prépare à opérer la régénération par les eaux, le Christ-Lumière va sortir des ombres du tombeau, et la ressemblance de Dieu reparaître en l’homme purifié par le sang de son Rédempteur , nouvel Adam descendu du ciel, pour rétablir dans ses droits l’ancien qui avait été formé de la terre.

La deuxième lecture: c’est ici le grand symbole du Baptême. Le peuple de Dieu, échappé au dur esclavage de Pharaon, trouve son salut dans les eaux, tandis que l’Égyptien y est englouti. Les catéchumènes, après avoir traverse la fontaine baptismale, vont en sortir affranchis de la servitude de Satan, laissant leurs péchés submergés pour jamais dans les eaux qui sont devenues leur salut. Après cette lecture, la sainte Église entonne le Cantique de Moïse, qui fut chanté sur les bords de la mer Rouge, par sa sœur Marie, assistée du chœur des jeunes filles d’Israël, à la vue des cadavres flottants des Égyptiens.

Après la troisième lecture, on chante un Trait emprunté à Isaïe, dans lequel le Prophète célèbre les faveurs que le Christ a prodiguées à son Église, qui est sa Vigne chérie, l’objet de son amour et de tous ses soins.

La quatrième lecture: la sainte Église, par la lecture de ce passage de Moïse, avertit les catéchumènes de la grandeur des obligations qu’ils sont près de contracter avec Dieu. La grâce de régénération va leur être conférée sur la promesse solennelle qu’ils feront de renoncer à Satan, l’ennemi de Dieu. Qu’ils se montrent fidèles à cette promesse,et qu’ils n’oublient jamais que Dieu est le vengeur de la foi violée.

Les Litanies

Comme dans les moments les plus solennels, l'Eglise implore l'intercession de tous les Saints. Ils sont les heureux élus qui jouissent aujourd'hui de la contemplation du Christ ressuscité. C'est au milieu de ces supplications qu'a lieu la bénédiction des eaux salutaires du Baptême qui fera entrer les catechumènes dans la vie des Saints.

La Bénédiction de l'eau baptismale

La bénédiction de l’eau pour le baptême est d’institution apostolique. Il est juste que cette eau, instrument de la plus divine des merveilles, soit entourée de tout ce qui peut, en glorifiant Dieu qui a daigné l’associer à ses desseins de miséricorde sur l’humanité, la glorifier elle-même à la face du ciel et de la terre. Les chrétiens sont sortis de l’eau; ils sont, comme disaient nos pères des premiers siècles, les heureux Poissons du Christ ; rien donc d’étonnant qu’ils tressaillent de joie, en présence de l’élément auquel ils doivent la vie , et qu’ils rendent à cet élément des honneurs qui se rapportent à l’auteur même des prodiges de grâce qui vont s’opérer. La prière dont le Célébrant va se servir pour bénir l’eau nous ramène au berceau de notre foi, par la noblesse et l’énergie du style de sa rédaction, par l’autorité de son langage, et par les rites antiques et primitifs dont elle est accompagnée. Elle est sur le mode pompeux de la Préface, et empreinte d’un lyrisme inspiré.

Le Célébrant s’arrête un moment, et plongeant sa main dans les eaux, il les divise en forme de croix, montrant par ce signe que c’est par la vertu de la Croix qu’elles ont acquis le pouvoir de régénérer les âmes. Jusqu’à la mort du Christ sur la croix , cette puissance merveilleuse leur était seulement promise ; il fallait l’effusion du sang divin pour qu’elle leur fût conférée c’est ce sang qui opère dans l’eau sur les âmes, avec la vertu de l’Esprit-Saint.

Après les paroles, par lesquelles le Célébrant demande à Dieu qu’il daigne éloigner de ces eaux l’influence des esprits mauvais qui cherchent à infecter toute la création, il étend la main sur elles et les touche. Le caractère auguste du prêtre est une source de sanctification; et le contact de sa main sacrée opère déjà à lui seul sur les créatures, quand il s’exerce en vertu du sacerdoce de Jésus-Christ qui réside en eux.

Le Célébrant bénit par trois fois les eaux de la fontaine, en produisant sur elles le signe de la croix. Puis nous montrant les eaux appelées déjà à féconder le Paradis terrestre, qu’elles parcouraient en quatre fleuves, il les divise encore avec sa main, et les répand vers les quatre parties du monde qui plus tard devaient recevoir la prédication du saint baptême.

A ce moment, le Célébrant suspend le mode triomphant de la Préface, et prononce les paroles qui vont suivre sur un ton plus simple. Après avoir marqué les eaux du signe de la croix, il invoque sur elles l’action fécondante de l’Esprit-Saint. L’Esprit-Saint porte un nom qui signifie Souffle ; il est le souffle divin, ce vent violent qui se lit entendre dans le Cénacle. Le Célébrant exprime ce divin caractère de la troisième personne divine, en soufflant trois fois sur les eaux de la fontaine en forme de croix ; puis il continue, sans reprendre encore le mode de la Préface.

Prenant ensuite le Cierge pascal, il en plonge l’extrémité intérieure dans le bassin. Ce rite exprime le mystère du baptême du Christ dans le Jourdain, au jour où les eaux reçurent les arrhes de leur divin pouvoir Le Fils de Dieu était descendu dans le fleuve, et l’Esprit-Saint reposait sur sa tête en forme de colombe. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les arrhes qui sont données; l’eau reçoit véritablement la vertu promise, par l’action des deux divines personnes. C’est pour cela que le Célébrant, reprenant le ton de la Préface, s’écrie en plongeant trois fois dans l’eau le Cierge mystérieux, symbole du Christ, sur lequel plane la céleste Colombe: "Descendat in hanc plenitudinem fontis, virtus Spiritus Sancti. - Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l’eau de cette fontaine." Enfin, avant de retirer le Cierge de l’eau, le célébrant se penche sur la fontaine; et, pour unir dans un symbole visible la puissance de l’Esprit-Saint à la vertu du Christ, il fait une nouvelle insufflation sur les eaux, non plus en forme de croix, mais en traçant avec son souffle cette lettre de l’alphabet grec, ψ qui est la première du mot Esprit en cette langue.

Les prières de la bénédiction de l’eau sont achevées ; et cependant la sainte Église n’a pas accompli encore, en faveur de cet élément, tout ce qu’elle a résolu de faire. Jeudi dernier, elle a été mise de nouveau en possession des grâces de l’Esprit-Saint par le don des Huiles sacrées; et elle veut aujourd’hui honorer la fontaine du salut, en épanchant dans ses eaux les précieuses liqueurs dont le renouvellement a été accueilli avec tant de joie. Le peuple fidèle apprendra à vénérer toujours davantage la source purifiante du salut des hommes, dans laquelle se réunissent tous les symboles de l’adoption divine. Le Célébrant, prenant l’ampoule qui contient l’Huile des catéchumènes, en répand sur les eaux. De même avec le Saint Chrême. Enfin, tenant dans sa main droite le Chrême et dans sa main gauche l’Huile des catéchumènes, il verse des deux fioles à la fois sur les eaux, et dit en accomplissant cette libation sacrée qui exprime la surabondance de la grâce baptismale : "Que le mélange du Chrême de sanctification et de l’Huile d’onction avec l’Eau baptismale s’opère, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. R/. Amen".

C'est à ce moment qu'a lieu le baptême solennel des adultes. Dans bien des églises, le baptême n'ayant pas lieu, faute de catéchumènes, l'Eglise offre dans cette nuit l'occasion pour tous de nouveller les promesses faites une fois au baptême. C'est l'occasion de gagner une indulgence plenière.

Le chant des Litanies des Saints reprend alors que le clergé se préparent pour la messe de la Vigile à la sacristie.

La Messe de la Vigile

La Litanie solennelle tire à sa fin ; et déjà le chœur des chantres est arrivé au cri d’invocation qui la termine : Kyrie eleison ! Le Célébrant s’avance de la sacristie vers l’autel, avec la majesté des plus grands jours. A sa vue, les chantres prolongent la mélodie sur les paroles de supplication, et les répètent trois fois, trois fois ils y ajoutent la prière au Fils de Dieu : Christe eleison ! et enfin trois fois l’invocation à l’Esprit-Saint : Kyrie eleison ! Pendant qu’ils exécutent ces chants, le Célébrant offre l’encens au Très-Haut; en sorte que l’Antienne ordinaire, qui porte le nom d’Introït, n’a point été nécessaire pour accompagner la marche sacrée de la sacristie à l’autel.

La voix du Célébrant entonne avec transport l’Hymne Angélique : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ; et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté ! » A ces accents, les cloches, muettes depuis trois jours, retentissent en volée ; et l’enthousiasme de notre sainte foi fait palpiter tous les cœurs. Le peuple saint continue avec ardeur le Cantique céleste.

Après la lecture de l’Évangile, le Célébrant n’entonne point le majestueux Symbole de la foi. La sainte Église le réserve pour la Messe solennelle qui réunira de nouveau le peuple fidèle. Elle suit heure par heure les phases du divin mystère, et veut rappeler en ce moment l’intervalle qui s’écoula avant que les Apôtres, qui devaient annoncer partout la foi de la résurrection, lui eussent eux-mêmes rendu hommage.

Après avoir donne le salut au peuple, le Célébrant se prépare à offrir à la majesté divine le pain et le vin qui vont servir au Sacrifice ; et par une dérogation à l’usage observé dans toutes les Messes, le chœur des chantres n’exécute pas la solennelle Antienne connue sous le nom d’Offertoire.

A cette première Messe pascale, on omet la touchante coutume du baiser de paix. Ce n’est qu’au soir du jour de sa résurrection que Jésus adressa ces mêmes paroles à ses disciples rassemblés. La sainte Église, pleine de respect pour les moindres circonstances de la vie de son céleste Époux, aime à les retracer dans sa conduite. C’est par le même motif qu’elle omet aujourd’hui le chant de l’Agnus Dei, qui présente à sa troisième répétition ces paroles : « Donnez-nous la paix».

Le chant des Laudes

L'Église résolut d’adopter pour cet Office une forme très brève, et empreinte en même temps du caractère joyeux qui convient après le retour de l’Alléluia. Ces Laudes furent disposées de manière à faire corps avec la Messe. On les entonne après la Communion, et la Postcommunion sert pour conclure à la fois la Messe et les Laudes.

"Répandez sur nous, Seigneur, l’Esprit de votre charité ; afin que ceux qui ont été nourris par vous dans le mystère pascal conservent désormais entre eux, par votre secours, une pareille concorde. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen."

L’Oraison terminée, le Célébrant, en donnant aux fidèles le signal de se retirer, ajoute à la formule ordinaire deux Alleluia ; et cette pratique s’observe à la fin de toutes les Messes, jusqu’à samedi prochain inclusivement.